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L’épidémiologie Des Maladies Non Transmissibles (MNT) Aux Comores

L’épidémiologie des maladies non transmissibles (MNT) aux Comores

Epidemiology of non-communicable diseases at Comoros Islands

Les maladies non transmissibles – ou chroniques – sont des maladies de longue durée, d’évolution généralement lente (OMS, 2013). On distingue 4 principaux types de maladies non transmissibles : les maladies cardio-vasculaires (telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux); le cancer; les maladies respiratoires chroniques (telles que la pneumopathie chronique obstructive et l’asthme) et le diabète sucré. Les maladies non transmissibles sont de loin la principale cause de décès dans le monde, représentant plus de 63 % soit 36 millions de la totalité des décès annuels et près de 80 % d’entre eux surviennent dans les pays à revenu faible ou moyen (OMS, 2013)1. Le 19 janvier 2015, l’OMS a déclaré que : « Les gouvernements doivent agir d’urgence afin d’éviter que, chaque année, 16 millions de personnes ne décèdent prématurément – avant l’âge de 70 ans – de maladies cardiaques ou pulmonaires, d’un accident vasculaire cérébral, d’un cancer ou du diabète ».

Non-communicable diseases – or chronic diseases – are long-term diseases of slow progress (WHO, 2013). There are four main types of non-communicable diseases: cardiovascular diseases (such as heart attacks and strokes); the cancer; chronic respiratory diseases (such as chronic obstructive pulmonary disease and asthma) and diabetes. Non-communicable diseases are by far the leading cause of death in the world, accounting for more than 63% or 36 million of all annual deaths and nearly 80% of these deaths occur in low- and middle-income countries (WHO, 2013). On 19 January 2015, the WHO declared that: « Governments must act urgently to prevent 16 million people from prematurely dying – before the age of 70 – from heart or lung disease, a stroke, cancer or diabetes ».

Présentation de l’Union des Comores

L’Union des Comores (UDC), archipel volcanique, située à l’entrée du canal de Mozambique entre l’Afrique orientale et Madagascar, avec une superficie de 2 237 Km2, est formée de 4 iles : Ngazidja (1 148 Km2), Ndzuani (424 Km2), Mwali (280 Km2) et Maoré (374 Km2) encore sous administration française. Sous un climat tropical, l’UDC connait deux grandes saisons : l’une chaude et humide (Kashkazi), entre novembre et mars-avril, est marquée par des fortes pluies et violentes cyclones ; et l’autre sèche et froide, est caractérisée par des vents de moussons Nord à Nord-Ouest (Kusi). La population dans les 3 iles indépendantes est de 652 202 habitants selon la projection 2008 du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH, 2003) soit une densité de 335 habitants dans 1 Km2. Il  s’agit d’une population jeune ; 57,4 % de la population est âgé de moins de 20 ans. Les femmes en âge de procréer représentent 22,3 % de la population totale. L’âge moyen de la population est estimé à 24,1 ans. Sur le plan épidémiologique, les maladies les plus préoccupantes sont le paludisme, le VIH/SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles (IST), la tuberculose et la lèpre. Les maladies non transmissibles (MNT) ; la malnutrition, les cancers, le diabète, l’Hypertension artérielle, entre autres, progressent de manière inquiétante.

Situation des MNT dans le monde et en Afrique  

La charge mondiale des MNT continue d’accroître ; la réduire est st l’un des grands défis pour le développement au XXIème siècle.  En 2008, la mortalité liée aux MNT dans le monde était de 36 million soit 63 % des décès dont 80 % sont survenus dans les pays à revenus faible ou intermédiaire. L’incidence de ces maladies augmente rapidement, surtout dans les populations pauvres et défavorisées, creusant encore les écarts sanitaires entre les pays et dans les pays. Les principales causes étaient :

  • Les maladies cardiovasculaires (MCV) dans 48 % des cas, l’HTA (12,8 %), le diabète (1,3 million), le cancer dans 13 % des cas ;
  • 4,2 millions des décès ont été liés aux maladies respiratoires, y compris l’asthme et 2,3 millions soit 3,8 % des cas sont imputables à la consommation d’alcool ;
  • 1,7 millions (2,8 %) des décès mondiaux sont imputables à la faible consommation de fruits et de légumes ;
  • Le tabagisme était responsable de près de 6 millions de décès annuels dans le monde, dont 600 000 sont dus au tabagisme passif des non-fumeurs ;
  • Au moins 2,8 millions des décès annuels étaient liés à l’excès pondérale ou à l’obésité.

La même tendance est notée en Afrique où en 2008, 40 % des décès survenus sont dus aux MNT et aux traumatismes et selon l’OMS, cette prévalence passera à 55 % en 2025 si rien n’est fait. En Afrique les facteurs de risque se présentent ainsi :

  • Une consommation du tabac de 2,4 à 23 % avec une prédominance masculine ;
  • Une consommation moyenne d’alcool par tête d’habitant variant de 1,10 à 37 litres d’alcool pur ;
  • Une faible consommation de légumes et de fruits ;
  • L’obésité varie de 1 à 31 % ;
  • La prévalence de l’HTA entre 31 et 50 % et 6 à  15  % pour le diabète

Situation des MNT aux Comores

La malnutrition, les cancers, les maladies cardio-vasculaires, le diabète sucré, les affections oculaires, les maladies bucco-dentaires, les maladies mentales et celles liées à la consommation des produits nocifs (tabac, alcool, drogue, etc …), constituent de véritables problèmes de santé aux Comores, même si des données fiables n’existent pas pour apprécier avec plus de précisions l’ampleur de certains d’entre eux. En se basant sur les données existantes, la situation serait la suivante :

  • La proportion d’enfant accusant une insuffisance pondérale est de 13,8 %, ceux accusant un retard de croissance est de 27,8 % et ceux présentant une carence énergétique sont de 6,4 %.
  • Selon une enquête rétrospective réalisée par l’Union Comorienne Contre le Cancer, 495 cas de cancer ont été observés chez 28 médecins exerçant aux Comores sur la période de 1995 à 2008. Les cancers génitaux sont les plus nombreux soit 46 %, suivi des cancers digestifs et urologiques soit, respectivement, 15 % et 13 %.
  • Selon l’OMS : la prévalence du tabagisme était de 13 % de la population en 2011 avec  une prédominance masculine (25 % des hommes et 2 % des femmes), la consommation totale d’alcool par habitant, en litres d’alcool pur était de 0,2 litre en 2010, la prévalence de l’HTA de 31,9 % en 2008 avec 34,3 % des hommes et 29,6 % des femmes et l’obésité est estimée à 4,4 % de la population avec une prédominance féminine (2008). Sur 6 000 décès, 37 % sont imputables aux MNT dont 12 % sont attribués aux traumatismes, 15 % aux MCV, 6 % aux cancers, 2 % au diabète, 2 % aux affections respiratoires chroniques et 12 % aux autres MNT. La probabilité de décéder entre 30 et 70 ans de l’une des 4 principales MNT est de 23 %.

L’OMS signale l’absence d’unité, de service ou de département opérationnel(le) chargé(e) des MNT au sein du ministère de la santé ou d’une entité équivalente ni

d’un système de surveillance et de suivi des MNT lui permettant de fournir des informations par rapport aux neuf cibles volontaires à l’échelle mondiale. Le pays ne dispose pas d’une politique, d’une stratégie ou d’un plan d’action opérationnel(le) en vue de lutter contre la sédentarité et/ou de promouvoir l’exercice physique. L’OMS a aussi constaté l’absence d’une politique ou d’un plan d’action opérationnel(le) en vue de lutter contre l’usage nocif de l’alcool ni du tabagisme.

Contributions

Nous suggérons au Ministère de la Santé, de la Solidarité et de la Promotion du Genre de mettre en place un Plan Stratégique de lutte contre les MNT avec comme objectifs, la prévention et la prise en charge correctes des MNT, à fin de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population sur la base d’un système intégrant les populations pauvres et indigentes basé sur des initiatives publiques et privées, individuelles et collectives pour l’offre et la disponibilité permanente de soins de qualité, équitables et accessibles aux populations de toutes catégories.

Les objectifs stratégiques seront :

  • Renforcer la coopération internationales et la sensibilisation pour la lutte contre les MNT ;
  • Renforcer les capacités, le leadership, la gouvernance et les partenariats pour accélérer la lutte contre les MNT ;
  • Réduire l’exposition aux facteurs de risque modifiables des MNT (tabac, alcool, obésité, …) ;
  • Renforcer les systèmes de santé ;
  • Promouvoir la recherche pour la lutte contre les MNT aux Comores ;
  • Evaluer l’évolution et les déterminants des MNT ainsi que les progrès de la prévention et de la lutte contre les MNT.

Références :

  1. 10 facts on noncommunicable diseases (OMS, 2013). Accessible sur : http://www.who.int/features/factfiles/noncommunicable_diseases/en/.
  2. Maladies non transmissibles et santé mentale. OMS, 2015. Accessible sur : http://www.who.int/nmh/fr/.
  3. Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) perspectives 2010 (Ministère de la Santé, de la Solidarité et de la Promotion du Genre – Union des Comores, 2010).
  4. Cadre mondiale global de suivi, comprenant les indicateurs et une série de cibles mondiales volontaires pour la lutte contre les MNT (OMS, 2012).
  5. Stakeholder’s dialogue on risk factors for NCDs, Johannesburg, South Africa, 18-28 March 2013. OMS, Regional Office for Africa.
  6. Rapport d’évaluation de l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans, UNICEF, 2008.
  7. Organisation mondiale de la Santé ‒ Profils des pays pour les maladies non transmissibles (MNT), 2014.

Azhar Salim MOHAMED

Né en 1984 à Moindzaza Mboini dans le Bambao (Ngazidja), il a fait ses études scolaires au Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid (GSFA). Après l’obtention du baccalauréat en 2003, il poursuivit ses études supérieures au Sénégal à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Il a obtenu son Doctorat d’Etat de Médecine en 2014 et un Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES) de « Santé au Travail » en 2018. Dr AS MOHAMED exerce comme médecin dans différents Centres de Santé et d’entreprises de la place depuis plus de 5 ans et porte à ce fait une assistance sans faille à ses compatriotes résidants à Dakar. Membre du comité des lecteurs du Journal Africain de Cas Clinique et Revue (Jaccr Africa), il est auteur de plusieurs travaux scientifiques dans le domaine de la santé au travail, la traumatologie pédiatrique et la pédiatrie. La recherche scientifique, la prévention et la sensibilisation des communautés sont au cœur de ses ambitions. Il s’intéresse surtout aux maladies non transmissibles, telles les maladies chroniques et surtout les traumatismes, sur lesquels il mène plusieurs études au Sénégal mais aussi aux Comores.

Qualifications/Diplômes : Doctorat d’Etat en Médecine, DES en Santé au Travail, DU en Médecine Tropicale et Santé internationale.

Expertises : Maladies non Transmissibles, Traumatismes, Santé et Sécurité au Travail

Spécialité : Afrique en général, le Sénégal et Les Comores en particulier.

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